Chapitre 6 (suite) — Analyse de Malware & Détection
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Ce chapitre passe du côté défensif : comment un analyste étudie un échantillon suspect, et comment une organisation détecte une compromission déjà en cours.
- Distinguer analyse statique et analyse dynamique d'un malware.
- Expliquer le rôle d'un bac à sable (sandbox) dans l'analyse de malware.
- Relier les indicateurs de compromission (IOC) aux outils de détection modernes (antivirus, EDR).
Analyse statique vs dynamique
| Type | Principe | Avantage | Limite |
|---|---|---|---|
| Statique | Examiner le code sans l'exécuter | Aucun risque d'infection réelle pendant l'analyse | Un code fortement obscurci peut être difficile à interpréter sans l'exécuter |
| Dynamique | Exécuter l'échantillon dans un environnement contrôlé et observer son comportement réel | Révèle le comportement effectif même si le code est obscurci | Nécessite un environnement d'exécution isolé pour éviter toute propagation accidentelle |
Bac à sable (sandboxing) — principe
Un bac à sable est un environnement isolé — souvent une machine virtuelle jetable, sans accès au réseau réel — où un échantillon suspect peut être exécuté sans risque pour les systèmes de production. L'analyste observe alors les fichiers créés, les connexions réseau tentées, les modifications de registre — un comportement bien plus révélateur qu'une simple lecture du code.
Antivirus et EDR — principes de fonctionnement
Un antivirus traditionnel compare les fichiers à une base de signatures connues — efficace contre les menaces déjà documentées, mais aveugle par nature face à un malware inédit. Un EDR (Endpoint Detection and Response) va plus loin : il surveille en continu le comportement des points de terminaison (postes, serveurs) pour repérer des activités suspectes même en l'absence de signature connue — une action inhabituelle plutôt qu'une simple correspondance de fichier.
Indicateurs de compromission (IOC)
Les quatre types d'IOC déjà introduits au Chapitre 1 (courriel, réseau, hôte, comportemental) sont précisément ce qu'un EDR et une équipe de sécurité surveillent activement — un fichier au hash connu, une connexion vers un domaine déjà associé à une campagne malveillante, ou une séquence d'actions typique d'un rançongiciel en cours de chiffrement massif de fichiers.