Chapitre 7 — Sniffing Réseau & MITM
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Ce chapitre couvre trois familles de menaces qui n'exploitent pas nécessairement une vulnérabilité logicielle : l'écoute du trafic réseau, la manipulation humaine, et la saturation de services. On commence par le sniffing et les attaques de l'homme du milieu.
- Expliquer le principe de la capture de trafic réseau (sniffing).
- Décrire le mécanisme de l'empoisonnement ARP et son rôle dans une attaque MITM.
- Proposer des contre-mesures efficaces contre le sniffing et les attaques de l'homme du milieu.
Le sniffing consiste à intercepter et analyser le trafic circulant sur un réseau. Sur un réseau non chiffré, cela peut exposer directement des identifiants, des courriels, ou tout contenu échangé en clair. Historiquement plus facile sur les réseaux à concentrateur (hub), où tout le trafic était visible par toutes les machines connectées, le sniffing sur les réseaux modernes à commutateur (switch) nécessite généralement une technique active pour rediriger le trafic — l'empoisonnement ARP en étant l'exemple le plus courant.
Le protocole ARP (Address Resolution Protocol) associe une adresse IP à une adresse matérielle (MAC) sur un réseau local, sans mécanisme d'authentification intégré. L'empoisonnement ARP exploite cette absence de vérification : un attaquant envoie de fausses réponses ARP pour associer sa propre adresse MAC à l'adresse IP d'une autre machine (souvent la passerelle réseau), redirigeant ainsi le trafic destiné à cette machine vers lui-même, avant de le retransmettre à sa véritable destination pour ne pas éveiller de soupçons.
Une fois le trafic redirigé (par empoisonnement ARP ou par d'autres moyens, comme un faux point d'accès Wi-Fi — voir Chapitre 9), l'attaquant se positionne littéralement entre les deux parties d'une communication, capable de lire, voire de modifier, les échanges sans que ni l'une ni l'autre ne s'en aperçoive — d'où le nom man-in-the-middle.
- Chiffrement de bout en bout (HTTPS, VPN) : rend le contenu intercepté illisible même si le trafic est effectivement capturé.
- Segmentation réseau : limite la portée d'un empoisonnement ARP à un seul segment plutôt qu'à l'ensemble du réseau.
- Détection d'ARP statique ou de surveillance : certains outils alertent lorsqu'une association IP-MAC change de façon suspecte.
Sandworm (Andy Greenberg) documente les attaques attribuées à un groupe étatique russe, incluant des coupures de courant en Ukraine et la propagation mondiale du malware NotPetya — un cas d'école sur la chaîne d'attaque complète en pratique, à l'échelle d'un conflit géopolitique. Lecture optionnelle, pas matière à quiz.