Chapitre 6 (suite) — Panorama des Malwares
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Les malwares (logiciels malveillants) sont souvent le vecteur qui livre l'accès décrit au chapitre précédent, ou l'outil qui exploite cet accès une fois obtenu. Ce chapitre distingue les grandes familles, leur mécanique, et leur impact typique.
- Distinguer virus, vers et chevaux de Troie selon leur mode de propagation.
- Expliquer la mécanique et l'impact d'une attaque par rançongiciel.
- Différencier rootkit, spyware et keylogger selon leur objectif principal.
| Type | Propagation | Particularité |
|---|---|---|
| Virus | Nécessite un programme hôte et une action humaine (ouvrir un fichier infecté) | Ne se propage pas seul — il a besoin d'être exécuté par quelqu'un. |
| Ver (worm) | Se propage seul, de machine en machine, via le réseau | Aucune action humaine requise après l'infection initiale — c'est ce qui permet une propagation exponentielle rapide. |
| Cheval de Troie | Se fait passer pour un logiciel légitime | Ne se réplique pas de lui-même — repose entièrement sur la tromperie pour être installé volontairement par la victime. |
Un rançongiciel chiffre les fichiers de la victime (ou menace de publier des données volées — la double extorsion, aujourd'hui courante) et exige un paiement en échange de la clé de déchiffrement. Le modèle s'est industrialisé sous forme de ransomware-as-a-service (RaaS) : des groupes développent et louent l'outil à des affiliés, qui mènent les attaques et partagent les profits — un changement de structure qui explique en partie la hausse continue du nombre d'incidents, puisque mener une attaque ne demande plus une expertise technique poussée.
Un rootkit modifie le système d'exploitation lui-même (parfois à un niveau très bas, proche du noyau) pour dissimuler sa propre présence et celle d'autres logiciels malveillants — y compris, parfois, aux outils de sécurité censés les détecter. C'est ce qui les rend particulièrement difficiles à éliminer : un système compromis par un rootkit ne peut souvent plus être considéré comme fiable pour sa propre analyse, d'où le recours fréquent à une réinstallation complète plutôt qu'un simple nettoyage.
Le spyware collecte de l'information sur l'utilisateur (habitudes de navigation, informations personnelles) à son insu. Le keylogger, un cas particulier, enregistre chaque frappe au clavier — une méthode simple mais redoutablement efficace pour capturer des identifiants et mots de passe, précisément parce qu'elle contourne le chiffrement des mots de passe en les capturant avant même qu'ils ne soient soumis au système.