Chapitre 2 — Reconnaissance & OSINT
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Avant même de toucher un port ou un service, un hacker éthique — comme un attaquant réel — commence toujours par apprendre tout ce qu'il peut sur sa cible sans jamais l'approcher directement. Ce chapitre couvre la reconnaissance passive et les sources ouvertes (OSINT), la première phase technique introduite au Chapitre 1.
- Distinguer reconnaissance passive et active, et expliquer pourquoi l'ordre importe.
- Appliquer des opérateurs de recherche avancée (google dorking) à un scénario de collecte d'information.
- Identifier ce qu'une requête WHOIS ou un enregistrement DNS révèle sur une organisation.
La règle d'or de la reconnaissance passive : ne jamais toucher la cible directement. Toute l'information est collectée à partir de sources déjà publiques — aucune requête, aucun paquet, aucune interaction n'est envoyée vers l'infrastructure de la cible elle-même. C'est ce qui la rend, en pratique, indétectable : la cible n'a aucun moyen de savoir qu'elle est observée.
L'OSINT (Open Source Intelligence) désigne la collecte de renseignement à partir de sources librement accessibles — rien de « secret », seulement de l'information dispersée qu'il faut savoir trouver et recouper. Les sources les plus productives en pratique :
- Site web de l'organisation : structure organisationnelle, noms de logiciels utilisés (souvent visibles dans les offres d'emploi techniques), adresses courriel selon un format prévisible.
- Réseaux sociaux professionnels : titres de postes, outils mentionnés dans les profils, relations hiérarchiques.
- Registres publics : registre des entreprises, dépôts de marques, avis d'appel d'offres — révèlent souvent des partenaires technologiques ou des fournisseurs.
- Dépôts de code source publics : un dépôt mal configuré peut exposer des identifiants ou des détails d'architecture interne oubliés par un développeur.
Les moteurs de recherche indexent bien plus que ce que la plupart des organisations pensent. Le google dorking consiste à utiliser des opérateurs de recherche avancée pour cibler précisément ce qui a été indexé par erreur.
| Opérateur | Effet | Exemple |
|---|---|---|
site: | Limite la recherche à un domaine précis | site:exemple.com |
filetype: | Cible un type de fichier précis | filetype:pdf |
intitle: | Cherche un terme dans le titre de la page | intitle:"index of" |
inurl: | Cherche un terme dans l'URL | inurl:admin |
Combinés, ces opérateurs peuvent révéler des documents internes indexés par erreur, des répertoires de serveur mal configurés qui listent leur contenu publiquement, ou des pages d'administration jamais censées être publiques. Rien de tout cela n'implique de « pirater » quoi que ce soit — l'information est déjà publique, mal protégée par une simple absence de blocage d'indexation.
Un fichier robots.txt mal compris peut paradoxalement aider un attaquant : il liste souvent
les répertoires que l'organisation ne veut pas voir indexés — une carte utile de ce qui pourrait être
sensible, publiée volontairement par la cible elle-même.
WHOIS
Une requête WHOIS sur un nom de domaine révèle historiquement le propriétaire, les contacts administratifs et techniques, les dates de création et d'expiration, et les serveurs de noms associés. De nombreux registrars offrent aujourd'hui un service de confidentialité qui masque ces informations — un WHOIS qui expose encore des coordonnées directes est en soi une information sur la maturité de sécurité de l'organisation.
Enregistrements DNS
Le système de noms de domaine (DNS) contient plusieurs types d'enregistrements, chacun révélant quelque chose de différent sur l'infrastructure :
- A / AAAA : associent un nom de domaine à une adresse IPv4/IPv6 — identifie où est hébergé un service.
- MX : identifie les serveurs de messagerie — révèle souvent le fournisseur de courriel utilisé (infrastructure interne, ou service infonuagique tiers).
- TXT : enregistrements en texte libre, souvent utilisés pour valider la propriété d'un domaine auprès de services tiers — peut révéler quels outils/fournisseurs externes une organisation utilise.
- NS : identifie les serveurs faisant autorité pour le domaine.
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