Chapitre 11 — Fondements & Algorithmes Cryptographiques

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La cryptographie apparaît en filigrane depuis le début de ce cours — HTTPS, PKI, mots de passe hachés. Ce chapitre pose enfin les fondements théoriques qui expliquent pourquoi ces mécanismes fonctionnent.

Chiffrement symétrique vs asymétrique

SymétriqueAsymétrique
ClésUne seule clé, partagée entre les deux partiesUne paire de clés mathématiquement liées : une publique (partageable librement), une privée (jamais partagée)
VitesseBeaucoup plus rapide, adapté à de gros volumes de données Plus lent, généralement réservé à de petites quantités de données (comme l'échange initial d'une clé symétrique)
Défi principalDistribuer la clé secrète en toute sécurité aux deux partiesAucun défi de distribution : la clé publique peut être diffusée ouvertement sans compromettre la clé privée
Mémorisez ! En pratique, TLS (donc HTTPS) combine les deux : l'asymétrique établit une connexion initiale sécurisée et échange une clé secrète, puis le symétrique — beaucoup plus rapide — chiffre le reste de la session. Aucun système moderne n'utilise l'asymétrique seul pour de gros volumes de données.

Fonctions de hachage

Une fonction de hachage transforme une donnée de taille quelconque en une empreinte de taille fixe, de façon irréversible — impossible de retrouver la donnée d'origine à partir du hash seul. Contrairement au chiffrement, le hachage n'a pas vocation à être « déchiffré » : son rôle est de vérifier l'intégrité (un seul bit modifié change complètement le hash) et de stocker des mots de passe sans jamais les conserver en clair.

Signatures numériques

Une signature numérique combine hachage et chiffrement asymétrique : le hash d'un message est chiffré avec la clé privée de l'expéditeur. Quiconque possède la clé publique correspondante peut vérifier que le message n'a pas été modifié (intégrité) et qu'il provient bien du détenteur de la clé privée (authenticité) — la base technique de la non-répudiation vue au Chapitre 1.

AlgorithmeTypeUsage typique
AESSymétriqueStandard de chiffrement le plus répandu aujourd'hui — chiffrement de disque, VPN, Wi-Fi WPA2/3.
RSAAsymétriqueHistoriquement le plus répandu pour l'échange de clés et les signatures, bien que progressivement remplacé par des algorithmes plus efficaces pour un niveau de sécurité équivalent.
ECC (courbes elliptiques)AsymétriqueOffre une sécurité équivalente à RSA avec des clés beaucoup plus courtes — particulièrement adapté aux appareils mobiles et IoT aux ressources limitées.
SHA-2 / SHA-3HachageStandards actuels recommandés — SHA-1 et MD5, plus anciens, sont aujourd'hui considérés cryptographiquement cassés et ne devraient plus être utilisés pour la sécurité.

Suite du chapitre → PKI & Attaques Cryptographiques

1. Quel est le principal avantage du chiffrement asymétrique sur le symétrique ?

La clé publique peut être partagée ouvertement sans compromettre la clé privée, éliminant le défi de distribution du symétrique.

2. Pourquoi HTTPS combine-t-il chiffrement symétrique et asymétrique ?

Combiner les deux tire parti de la sécurité de l'asymétrique pour l'échange initial et de la vitesse du symétrique pour le volume.

3. Qu'est-ce qui distingue fondamentalement le hachage du chiffrement ?

Le hachage n'a pas vocation à être inversé — il sert à vérifier l'intégrité, pas à protéger une donnée récupérable.

4. Comment fonctionne une signature numérique ?

La signature combine hachage et chiffrement asymétrique via la clé privée, permettant de vérifier intégrité et authenticité avec la clé publique correspondante.

5. Quel algorithme symétrique est aujourd'hui le standard de chiffrement le plus répandu ?

AES est le standard de chiffrement symétrique le plus largement déployé aujourd'hui.

6. Pourquoi ECC est-il particulièrement adapté aux appareils mobiles et IoT ?

Des clés plus courtes pour un niveau de sécurité équivalent réduisent la charge de calcul, un avantage sur des appareils aux ressources limitées.

7. Pourquoi MD5 et SHA-1 ne devraient-ils plus être utilisés pour la sécurité aujourd'hui ?

Des faiblesses documentées rendent MD5 et SHA-1 inadaptés à un usage de sécurité moderne, remplacés par SHA-2/SHA-3.

8. Qu'est-ce qu'une fonction de hachage garantit principalement ?

Une fonction de hachage sert principalement à vérifier l'intégrité d'une donnée, pas sa confidentialité.

9. Quel principe déjà vu au Chapitre 1 repose techniquement sur la signature numérique ?

La signature numérique lie cryptographiquement un message à son expéditeur, base technique de la non-répudiation.

10. Pourquoi ne stocke-t-on jamais un mot de passe en clair, mais plutôt son hash ?

Le caractère irréversible du hachage protège les mots de passe même si la base de données est compromise.