Chapitre 5 — Analyse de Vulnérabilités

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Une fois les services énumérés, il faut évaluer méthodiquement quelles faiblesses ils présentent réellement. Ce chapitre couvre les systèmes de référence de l'industrie (CVE, CVSS, CWE) et une méthode de modélisation des menaces — STRIDE — qui structure la réflexion au-delà d'une simple liste d'outils.

Un scan de vulnérabilités compare automatiquement un système à une base de faiblesses connues et produit une liste de correspondances potentielles. Un test d'intrusion va plus loin : il cherche à confirmer, en les exploitant réellement (dans les limites convenues), que ces vulnérabilités sont effectivement exploitables — un scan produit des candidats, le test d'intrusion produit des preuves.

Le cycle de gestion des vulnérabilités suit généralement trois grandes étapes : identification (scan), correction (application de correctifs ou de contrôles compensatoires), puis vérification que la correction a bien éliminé la faille — un cycle continu plutôt qu'un exercice ponctuel.

SystèmeRôle
CVE (Common Vulnerabilities and Exposures)Identifiant unique standardisé pour chaque vulnérabilité publiquement connue, au format CVE-ANNÉE-NUMÉRO. Sert de référence commune entre chercheurs, éditeurs et outils de scan.
CVSS (Common Vulnerability Scoring System)Score de sévérité de 0 à 10, calculé à partir de plusieurs vecteurs (facilité d'exploitation, impact, portée). Un score de 9-10 signifie critique ; 7-8,9 élevé ; 4-6,9 moyen ; 0,1-3,9 faible.
CWE (Common Weakness Enumeration)Catalogue de catégories de faiblesses génériques (par exemple « validation d'entrée insuffisante ») — alors qu'une CVE désigne une instance précise, une CWE désigne le type de faille sous-jacente que plusieurs CVE peuvent partager.
Mémorisez ! CVE = une vulnérabilité précise et identifiée. CVSS = la sévérité de cette vulnérabilité. CWE = la catégorie générique de faiblesse dont elle relève. Une seule CWE (ex. injection SQL) peut être à l'origine de milliers de CVE différentes sur des logiciels distincts.

Les scores CVSS et les catalogues CVE sont utiles mais réactifs : ils décrivent des failles déjà découvertes dans des logiciels existants. La modélisation des menaces adopte une posture différente, proactive : plutôt que de chercher des failles connues, elle pousse à se demander systématiquement, dès la conception d'un système, « qu'est-ce qui pourrait mal tourner ici ? ». STRIDE, développé chez Microsoft, est le cadre le plus répandu pour structurer cette réflexion.

LettreCatégorieQuestion posée
SSpoofing (usurpation)Un attaquant peut-il se faire passer pour quelqu'un ou quelque chose d'autre ?
TTampering (altération)Les données peuvent-elles être modifiées sans autorisation ?
RRepudiation (répudiation)Un utilisateur peut-il nier avoir effectué une action, faute de preuve ?
IInformation disclosure (divulgation)De l'information sensible peut-elle être exposée à qui ne devrait pas y avoir accès ?
DDenial of Service (déni de service)Le système peut-il être rendu indisponible pour ses utilisateurs légitimes ?
EElevation of Privilege (élévation de privilège)Un utilisateur peut-il obtenir plus de droits que ceux qui lui ont été accordés ?
Scénario : Une équipe conçoit un nouveau formulaire de réinitialisation de mot de passe. Appliquer STRIDE avant même d'écrire le code pousse à se poser des questions précises : le système peut-il être trompé sur l'identité du demandeur (S) ? Le lien de réinitialisation peut-il être intercepté et modifié (T) ? Le système journalise-t-il qui a demandé la réinitialisation (R) ? Le message d'erreur révèle-t-il si un courriel existe déjà dans la base (I) ? Peut-on épuiser le service en générant des milliers de demandes (D) ? Une fois connecté, l'utilisateur peut-il accéder à plus que son propre compte (E) ?
Sur le terrain

La force de STRIDE n'est pas de fournir des réponses toutes faites, mais de garantir qu'aucune catégorie de risque n'est oubliée par simple omission. C'est une méthode de pensée, réutilisable sur n'importe quel système, contrairement à une checklist d'outils qui devient obsolète dès qu'un nouvel outil apparaît.

Sans dépendre d'un produit commercial précis, les outils de scan de vulnérabilités se répartissent généralement en deux familles : les scanners réseau (qui interrogent les services exposés à distance) et les scanners d'application web (qui testent spécifiquement les faiblesses côté application, voir Chapitre 8).

Faux positifs et validation manuelle

Un scan automatisé signale des correspondances probables, pas des certitudes. Un faux positif — une faille signalée qui n'existe pas réellement, ou qui n'est pas exploitable dans ce contexte précis — est fréquent, et seule une validation manuelle (souvent via une tentative d'exploitation contrôlée) permet de distinguer le signal du bruit avant de submerger une équipe de correctifs inutiles.

Priorisation des correctifs selon le risque métier

Un score CVSS élevé ne dit pas tout : une vulnérabilité critique sur un serveur de test isolé du reste du réseau représente objectivement moins de risque métier qu'une vulnérabilité moyenne sur un système de production traitant des données sensibles. La priorisation finale doit toujours combiner la sévérité technique et le contexte métier réel de l'actif concerné.

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1. Quelle est la différence principale entre un scan de vulnérabilités et un test d'intrusion ?

Le scan produit des candidats probables ; le test d'intrusion cherche à les confirmer en les exploitant réellement.

2. Que représente un identifiant CVE ?

CVE désigne une vulnérabilité précise et publiquement documentée, avec un identifiant unique.

3. Un score CVSS de 9,2 correspond à quel niveau de sévérité ?

9-10 correspond au niveau critique dans l'échelle CVSS.

4. Que représente une CWE, par rapport à une CVE ?

CWE catégorise le type de faille générique ; CVE désigne une instance précise dans un logiciel donné.

5. Dans STRIDE, la lettre « R » (Repudiation) correspond à quelle question ?

Repudiation concerne l'absence de preuve/journalisation permettant de nier une action.

6. Quel est l'apport principal de STRIDE par rapport à une checklist d'outils de scan ?

STRIDE structure la réflexion sur les risques possibles, indépendamment des outils disponibles à un moment donné.

7. Qu'est-ce qu'un faux positif dans le contexte d'un scan de vulnérabilités ?

Un faux positif est une correspondance signalée à tort, nécessitant une validation manuelle.

8. Pourquoi la priorisation des correctifs ne doit-elle pas se baser uniquement sur le score CVSS ?

Une faille critique sur un actif peu important peut représenter moins de risque réel qu'une faille moyenne sur un système critique.

9. Dans STRIDE, quelle catégorie correspond à « un utilisateur peut-il obtenir plus de droits que ceux accordés » ?

Elevation of Privilege couvre l'obtention de droits supérieurs à ceux normalement accordés.

10. Quelles sont les trois grandes étapes du cycle de gestion des vulnérabilités ?

Le cycle de gestion des vulnérabilités suit identification (scan), correction, puis vérification — de façon continue.